21. mai 2016 · Commentaires fermés sur Plaisirs de lire… · Catégories: Lu, vu, entendu

Deux livres que j’ai beaucoup aimés….    Marie CJ


Les passants de Lisbonne

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson

Une rencontre par hasard dans un hôtel à Lisbonne entre deux êtres  en détresse. Une relation de compagnonnage, d’amitié se crée peu à peu entre eux. Chacun de ces deux là doit affronter la disparition de l’aimé, ils vont s’apprivoiser, apprendre à se parler au fil de déambulations dans la ville, et se soutenir dans leur parcours de réancrage dans la vie.

Les mots de Philippe Besson disent avec finesse, pudeur et justesse des détails, la souffrance, l’intime et aussi la force de la vie. J’ai beaucoup apprécié ce livre, qui m’a touchée et accompagnée dans une période difficile.

« Décidément, ils ne sont guère vaillants, ces deux-là. Ils se font face, un peu cassés, franchement démunis. Deux naufragés lamentables. Deux mutilés pitoyables et dérisoires. »

« Et puis elle lance : « Je suis contente que vous m’ayez amenée ici. Il faut aller là où ça palpite, apprendre la légèreté, voir que le monde continue, échapper de temps en temps au silence. » »

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Le chat de SCHRÖDINGER  de Philippe Forest

« Attraper un chat noir dans l’obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s’il n’y en a pas.
Je veux dire surtout s’il n’y a pas de chat dans la nuit où l’on cherche.
Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il…
Je crois comprendre ce que cette phrase signifie. Elle dit que la sagesse consiste à ne pas se mettre en quête de chimères. Que rien n’est plus vain que de partir à la chasse aux fantômes. Qu’il est absurde de prétendre capturer de ses mains un chat quand nul ne saurait discerner, même vaguement, sa forme absente dans l’épaisseur de la nuit.
Mais le proverbe n’affirme pas que la chose soit impossible. Il dit juste que trouver un chat noir dans la nuit est le comble du difficile…
J’ouvre les yeux dans le noir de la nuit. Des lignes, des taches, des ombres, le scintillement d’une forme qui fuit. Quelque chose qui remue dans un coin et envoie ses ondes ricocher au loin vers le vide qui vibre. » 
Extrait de la quatrième de couverture

Erwin Schrödinger,  physicien de haut niveau, spécialiste de physique quantique, imagina cette expérience du chat de Schrödinger, qui peut être à la fois mort et vivant, pour illustrer un phénomène de physique quantique… mais cette hypothèse, selon laquelle « toute chose existe simultanément sous des formes opposées au sein de la réalité » valable en physique quantique , ne peut pas se transposer directement dans notre monde macroscopique…

Philippe Forest part de ce phénomène pour écrire un roman fictionnel, mais également autobiographique, dans lequel le narrateur, comme étranger au réel, déambule à la limite d’un monde imaginaire, en compagnie d’un chat (réel ? inventé ?) qui est arrivé dans le noir du fond du jardin, s’est installé dans la maison, puis a disparu. Le narrateur porte en lui le chagrin inconsolable de la perte de sa petite fille.

Dans la proposition de Schrödinger, une chose peut à la fois être et ne pas être, serait-ce une piste pour l’auteur qui nous entraîne dans ses errances entre le monde réel et le monde de nos disparus. Quelle part de mystérieux, d’indéfinissable dans notre réalité quotidienne ?

Je vous conseille vivement de ne pas vous laisser impressionner par l’aspect scientifique de ce roman « philosophique », et de vous plonger dans cette expérience de pensée insolite et enrichissante, au fil de la plume de Philippe Forest simple, agréable et facile à suivre…

Le chat de schrodinger∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞

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