20. mars 2017 · Commentaires fermés sur Quelques jolis mots pour le printemps des poètes… · Catégories: Poèmes et Mots

Boutures

Elle était la gardienne d’un étrange jardin. Un jardin profus, insolent. Un jardin volé à tous les autres jardins. Le fuchsia des Brulard y côtoyait le rosier des Dulong. Les géraniums de la sœur à Jobic s’y mariaient effrontément à ceux de Madame Dudevan. Tandis-que le lilas des Kergris s’amourachait comme c’est pas permis de la bignone de Gaston.

C’est bien simple, on aurait dit que les plantes de tous les Montaigus et tous les Capulets du village avaient fait exprès de se retrouver là, dans le jardin de la mère Bouture qui parlait tous les soirs à son chat en breton et pouvait, disait-on, au moment des moissons, faire fleurir un bâton !

Joëlle Brière

∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈

« Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d’invention et de fécondité »

« La nature est belle, le sentiment s’exhale de tous ses pores ; l’amour, la jeunesse, la beauté y sont impérissables »

« Le poète élève la voix et dit aux hommes des vérités qui les irritent »

« Nohant devient bien joli, il y a des fleurs partout et j’en ai rempli ma petite chambre. Je fais des jardins sur ma table. »

« Ce poète est dans mon palais comme un objet de luxe, comme un vain trophée qu’on admire et qui ne sert à rien. Un vêtement d’or vaut-il une cuirasse d’acier ? On aime à respirer les roses de la vallée, mais on est à l’abri sous les sapins de la montagne »

George Sand

∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈

« …Offrez-leur pour festin la mer immense à parcourir… »

Vers tiré d’un poème de John Keats, intitulé SUR LA MER, (recueil de poésie Seul dans la splendeur)

∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈

Vivre heureux avec des moyens modestes ;
préférer l’élégance au luxe et le raffinement à la mode ;
être quelqu’un de bien plutôt que de respectable, à l’aise sans être riche ;
apprendre avec ardeur, penser avec calme, parler avec bonté, agir avec franchise ;
écouter, le cœur ouvert, les étoiles et les oiseaux,
les jeunes enfants et les vieux sages…

W.E. GHANNING (1780-1842)

≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈≈

Une maison pleine de livres, comme un arbre d’oiseaux ou un rucher d’abeilles. Des livres qui chantent et qui bourdonnent, qui nichent sur les rayons et font leur miel en nos cœurs. Des livres qu’on oublie, des livres que l’on retrouve ; de vieux livres tout secs et poussiéreux, de jeunes livres éclatants de fraîcheur et sentant l’encre ; des livres serrés les uns contre les autres, des livres tordus de s’être penchés sur le voisin, des livres cachés derrière l’endroit qu’ils occupaient ; des livres posés en travers des autres parce qu’il n’y a plus de place pour les accueillir, des livres empilés un peu partout parce qu’on ne sait plus où les ranger ; des livres ouverts comme une main tendue, des livres fermés comme un visage sur son secret, des livres qui délivrent et font vivre.

Oui, une maison pleine de livres, aussi heureuse, aussi grouillante de pensées et d’imaginations qu’une maison pleine d’enfants. Une maison couverte de livres comme un toit l’est de tuiles, une maison pleine de pages dévorées des yeux, assimilées par l’esprit et engrangées dans nos mémoires.

Carnet d’un Bourguignon « Les fruits de l’automne » Pierre Poupon éd. de l’Armançon

≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈≈

(…) Les allées du jardin, une à une, sortent de l’ombre, et le premier oiseau et la première abeille
Encore mal dégagés de la chevelure des ténèbres et des rumeurs
Dans leur vol liquide se cognent contre les étoiles et les fleurs.
Poète, à mon métier, tandis que se défait l’immense toile d’araignée céleste, la page du cahier où je travaille et que j’oubliais sur l’écritoire
Fut un miroir à son dernier quartier où toute la nuit s’est penchée, où vinrent boire,
Écartant les souffles lascifs des roseaux, les bêtes nocturnes, la source nue
Et je n’ai, sur le calque de leurs traces, qu’à repasser à l’encre par-dessus.

J’écris avec les pattes des lièvres qui n’ont cessé de courir dans les prés,
Avec le frôlement de la sauvagine et des astres, et tout ce qu’ils auront à me dire je ne le saurai que bien après.
J’écoute la joie de vivre et de sentir battre un cœur universel dans ma poitrine.
Et l’aube me reçoit debout, pasteur des mots, comme un à qui l’on confia un troupeau et qui se réveille le gardien des collines. (…)

Jean Malrieu
extrait de « Le nom secret » (1968),
« Libre comme une maison en flammes »

≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈∞≈≈ 

Commentaires fermés.