24. juin 2019 · Commentaires fermés sur Journée de poésie à Saint Saturnin de Lucian · Catégories: Actualités


« Le sentier du vin des poètes », tout un programme en quelques mots !
Tôt dans la matinée l’air est frais malgré la présence du soleil. Devant la cave coopérative de St Saturnin de Lucian le comité départemental de randonnée pédestre s’affaire pour préparer l’accueil des familles et des groupes de sportifs inscrits aux parcours proposés.
Notre petite troupe s’élance à l’assaut de la colline. Chants d’oiseaux, parfum du thym que l’on piétine, éclats dorés des genêts en fleur, crissement des chaussures contre les pierres du chemin. Nous sommes fiers de nos chapeaux de paille aux couleurs du Sentier des poètes 2019.
Myriam transporte tout un trésor avec elle : étiquettes porteuses de poèmes, banderoles décorées de phrases délicieuses, qui seront  disséminés au gré des branches d’arbres, et aussi stylos de couleur pour faire parler les pierres. L’accordéon d’Agnès, le mégaphone de Gérard et les textes de poèmes de Serge et Martine nous accompagnent jusqu’au lieu-dit « le rocher des lions ».  Gérard continue un peu plus haut jusqu’à la cabane de chasseurs faite de branchage et de planches, dans laquelle il se camouflera. Au passage des randonneurs le spectacle se met en mouvement : Agnès charme les passants au son de l’accordéon, dès que l’accordéon se tait Serge et Martine, du haut d’un rocher ou de la fourche d’un pin, enchaînent avec la lecture de poèmes. Gérard les surprendra, plus loin sur le chemin, en lançant lui aussi sa poésie, portée à travers l’air pur des collines par son mégaphone. Les promeneurs échangent des sourires de surprise et de joie puis poursuivent leur ascension. Un bébé nous applaudit, deux hommes stoppent leur course sportive le temps d’un morceau de musique et d’un poème, ils nous photographient comme pour s’assurer qu’ils ne rêvent pas !
A l’heure du pique-nique, les randonneurs aguerris qui sont montés jusqu’au « Rocher des deux vierges » et ceux qui ont choisi la balade poétique se retrouvent sous les pins, entre vignes et garrigue. Hector est là aussi, mannequin de chiffons souriant, il porte une corbeille débordante de feuilles de papier, enroulées sur elles-mêmes et entourées d’un ruban de couleur, rouge, vert ou doré, petits rouleaux confectionnés aussi par Claudette, merci pour ta patience ! On peut en piocher une au hasard pour découvrir le poème qu’elle révèle.
Dans l’après-midi accompagnés de deux musiciennes, comédiennes, chanteuses et de leur violon enjoué, nous parcourons le sentier des poètes proprement dit, là où des stèles offrent aux passants les poèmes récompensés lors des dix années précédentes. Étourdis par la chaleur, envoutés par les voix harmonieuses des chanteuses, par le charme du paysage autour de nous, nous nous sentons imprégnés de poésie, elle nous envahit. Un état de grâce nous saisit, nous n’y résistons pas. La remise des prix sous les platanes de la place du village et la magnifique lecture des poèmes primés continuent de nous ravir. Coup de chapeau à Christine, Claude et Liliane qui ont créé des illustrations rappelant les thèmes des années passées. Panneaux décoratifs, colorés, imaginatifs et délicats, affichés sur le mur de pierre de l’église, une splendeur !
Apéritif en l’honneur des lauréats puis dîner en terrasse. Avant que l’humidité du soir ne nous engourdisse nous sommes entrainés dans un tourbillon virevoltant par six garçons endiablés. L’orchestre « Lalala Napoli » déchaîne ses tarentelles, St Saturnin exulte !
Merci à Bernadette, à sa vaillante équipe, à ce village enchanté et à ses bonnes bouteilles !
 
Martine
Juin 2019



POEMES PRIMES Concours 2019
Catégorie Charles PERRAULT
3ème PRIX :
Sur le sentier…
…que j’imagine
Dans mes rêves
D’enfantine
 
…de la bibliothèque perdue
J’ai vu
Et j’ai lu
 
…Des étoiles égarées
Je vole jusqu’à
Les décrocher
 
…De la magie
Je reviens avec
Beaucoup de vie
 
…dépoussiéré
Je cache
Mon balai
 
…Des fêtes oubliées
Je chanterai jusqu’à
Les retrouver
 
…de l’imagination
Je marche jusqu’à
L’illumination
Lila NAGI DOLIGEZ
 
2ème PRIX :
Mon sentier
J’aurais un sentier
Plein de soleil
Pour les jours de pluie
Plein de sourires
Pour les jours de grogne
Plein de courage
Pour les jours de flemme
Et sur mon Sentier
J’aurais des coquillages
Pour écouter la mer.
Mattéo VALETTE
 
1er PRIX :
Escrivi sul camin
Escrivi, escrivi sul camin
Aïtal lo camin s’alonga
Mots aprèp mots lo camin se perlonga
Mai escrivi mai camini
Escrivi, escrivi
De mäi en maï
Per dintrar en co meu
 
J’écris sur le chemin
J’écris, j’écris sur le chemin
Ainsi le chemin s’allonge
Mots après mots le chemin s’allonge
Plus j’écris plus je chemine
J’écris, j’écris
De plus en plus
Pour enter en moi.

Titoan SALFATI et la classe des Calandrettes
 
 
Catégorie Jean de la FONTAINE
 
3ème PRIX :
Le façonneur
Il avance sans un mot
Sur le sentier de terre brune
Façonné par des milliers de pieds
Déjà passés avant lui.
 
Il écoute la mélodie que chantent les oiseaux
Sans un mot
Juste ce simple son atteignant son cœur
Dans un silence harmonieux.
 
Il continue d’avancer sur le sentier
Le cœur léger
La joie peinte sur son visage
Mais la mélodie s’arrête.
 
Il se retourne
Et regarde le chemin qu’il a déjà traversé
Il s’apprête à continuer sa route
Le silence toujours aussi pesant
Mais le sentier touche à sa fin.
 
Faut-il faire demi-tour ?
Ou continuer d’avancer ?
Mais sur quel sentier puisque personne ne l’a déjà façonné ?
 
Sans plus de question il continue sa route.
Adrien PERROT


 2ème PRIX :
Le Chergui
Pourquoi ne pas s’évader,
Changer de sentier.
Fuir l’adversité, vers le désert, le vide,
Serpenter librement à travers les dunes si arides.
 
Ne jamais s’arrêter,
Face aux difficultés,
S’opposer au Chergui,
Refuser d’être soumis.
Malgré la force sacrifiée,
J’ai été dominé,
Cette tempête a tout emporté,
Mes sentiments, mes opinions et mes pensées…
Margo TAFANI
 
1er PRIX :
 
Comme la vie
Le chemin est fait de bonheur et de hasard,
Ce n’est pas une route droite,
Il est comme la vie
Echappée et lifuite creusée d’obstacles.
Maxime LLORET

   
 Prix spécial du jury
 
Quelque part
Quelque part entre Hoggar et Niger un enfant plante une rose dans un désert.
Quelque part entre Berlin et Berlin un enfant peint l’espoir sur un mur en parpaings.
Quelque part entre Beyrouth et Samarie un enfant pleure ses dieux évanouis.
Quelque part entre Mossoul et Benghazi un enfant ouvre la cage d’un oiseau meurtri.
Quelque part entre deux guerres et deux trêves, un enfant invente un père en rêves.
Quelque part dans l’enfer de la nuit, un enfant pose une fleur sous un char ennemi.
Quelque part entre deux nuages et une éclaircie, un enfant guette le soleil de son lit.
Quelque part entre deux gares, un enfant attend la paix qui est en retard.
Quelque part entre ses deux mains glacées, un enfant réchauffe l’oiseau blessé.
 
Quelque part dans le silence et l’oubli, un enfant transi nait et crie à la vie.
Quelque part entre le jour et la nuit, un enfant court après la lune sous la pluie.
Quelque part à Daraya entre hier et demain, un enfant marche seul sur le chemin,
Sans autre main pour tenir la sienne que celle de son destin.
Quelque part à Sarajevo le voile de la mort se pose sur un enfant qui dort
Et dessine paupières closes sur la toile de la nuit un ciel d’étoiles et de roses.
Quelque part sur des cahiers d’écolier à jamais des souvenirs de guerre gravés.
Quelque part un enfant d’Ukraine en larmes et sans arme récite un poème.
Quelque part à Kinshasa ou Hargeysa un enfant-soldat marche au pas.
Quelque part à Mogadiscio entre deux étés, deux automnes ou deux hivers,
Un enfant s’endort sur des rêves d’or, de paix et de lumière.
Quelque part à Abidjan un enfant peint l’infini aux couleurs du vent de printemps.
En tout lieu, à chaque instant, sur le sentier de nos vies,
Un enfant dont la vie n’a pas de prix nous unit.
Ses rayons et tous ceux de ces enfants font pour nous un soleil dans la nuit.
Jean-Loup SICCO
 
 
Catégorie Max ROUQUETTE

3ème PRIX
un circulo de arboles
Cinco troncos jovenes en el centro
Amparados por la quietud encaramada
En las sombras en los fuegos
 
la exaltacion de lo lento guia
se someten al viento para recordar al mundo
los otonos y sus atardeceres
la emancipacion de la poda
 
ceden sus voces a los ruisenores
para germinar en al aire
todos los nombres
escrito en el suelo
 
sus ramas a imaginem y semejanza
de los amantes
de los secretos de infancia
y de las lluvias sin clemencia
testigos ante la comunion
del sueno y sus caminantes
de la codicia y sus hacheros
 
sin inclinacion
presentes
Alvaro MORALES TRELLES
 
un cercle d’arbres
cinq jeunes  troncs au centre
abrités par la tranquillité perchée
sur les ombres sur les feux
 
ils sont guidés par l’exaltation du lent
ils se soumettent au vent pour rappeler au monde
les automnes et leurs crépuscules
l’émancipation de la taille
 
ils cèdent leurs voix aux rossignols
et font éclore dans l’air
tous les noms inscrits dans le sol
 
leurs branches à l’image des amants
des secrets d’enfance
et des pluies sans clémence
témoins face à la communion du rêve
et de ses promeneurs
de l’avidité et de ses bûcherons
 
sans inclination
présents

 
 
2ème PRIX
Il était un sentier
Hier encore, la rosée claire égrenait ses perles aux fleurs des champs. Et déjà, les pétales du coquelicot, un à un, s’envolent ; l’or de l’épi se fauche, les couleurs de l’innocence s’estompent au cœur de l’herbe tendre, à peine froissée par les jours de mon enfance.
La sente disparaît.
Le sentier s’efface, avec lui l’empreinte éphémère de mes erreurs. Et sur le calque de la grève, entre sable et galets, s’abandonne, à la frange des écumes, le trait libre de ma jeunesse en pirouette.
Puis, pas à pas, d’ornière en ravin, de clairière en forêt, de parc en jardin, de plaine en sommet, sur la calade en grains d’instants estompés, le fil de ma vie s’est doucement étiré.
Il était un sentier…
Et ce soir, sur le chemin du crépuscule, la trace de mon pas, malgré le poids des ans, effleure d’une empreinte ténue, la terre battue du Temps.
Valérie ETIENNE
 
1er PRIX
Las quatre sasons pel caminol
La pluèja canta, dança, picant lo sol, grafinha la grisalha e enaiga lo caminol. La fanga pegosa fa lo pas pesuc. Las erbalhas nautas e verdas lusisson. Los borrons engainats de cuèr escur s’entredobrisson  sus de venthales pichons d’un verd tendre. Las flors anoncian lo printemps. L’aiga fug, es aqui ara.
Lo cèl color de metal filtra los rais de solelh ; aquestes rais creman, mordisson lo camin. Los passes de passejaire fan redolar los gravelons pichons e soslèvan la polsa. La calor estofa la vida.
L’aurassa fiula, tormenta, bolega, los arbralha bels, tant e mai que las fuèlhas en grand nombre son livradas a sa fantasia. A cada bufada, prenon la volada, viatjan, pùei amb violéncia, tot cop lo vent las torna pel viol que se para pauc d’un tapis rossèl. L’Auton escantis la brasa de l’estiu.
Los arbres denudats levan los brancas cap al cèl, lo florejant doçament. Pas ges de bruch…Lo silenci, coma una menaça immobiliza tot. L’ivern, d’un cop, escafa las sasons per renhar en mèstre intransigent. Lo caminol e sos entors se fondon dins una blancor beluguejant.
Joëlle DUMONS
 







 
Les quatre saisons sur le sentier
La pluie chante, danse en frappant le sol, griffe la grisaille et inonde le sentier. La boue collante rend le pas lourd. Les herbes hautes et vertes brillent. Les bourgeons gainés de cuir sombre s’entrouvrent sur de petits éventails d’un tendre vert. Les fleurs annoncent le printemps…L’eau s’enfuit, la vie est là à présent.
Le ciel d’une couleur métallique filtre les rayons du soleil. Ces rayons brûlent, mordent le sentier. Les pas du promeneur font rouler les petits cailloux ronds et soulèvent la poussière. La chaleur étouffe la vie.
Le vent siffle, tourmente, agite les grands arbres. Tant et tant que les feuilles, en nombre, sont livrées à sa fantaisie. A chaque souffle, elles s’envolent, voyagent, puis, avec violence parfois, le vent les rabat sur le sentier qui se couvre peu à peu d’un tapis roux. L’automne éteint les braises de l’été.
Les arbres dénudés lèvent leurs branches vers le ciel, qu’ils effleurent doucement. Pas un bruit…Le silence comme une menace fige toute chose. L’hiver d’un seul coup efface les saisons pour régner en maître intransigeant. Le sentier et ses alentours se fondent dans une blancheur scintillante.  


Catégorie Pierre et Soleil


1erPRIX
L’abordage
Aller lancer ses jambes
à l’abordage de l’aube.
Confondre ses pas aux empreintes.
Être caressé au visage par les plumes du soleil.
Laisser l’eau du ruisseau
Prendre la place du sang,
et s’ouvrir enfin
-comme une bogue-
à la parole du silence
et au temps du rouge-gorge.
Gus LEBRILLET
 
 
2ème PRIX
Nos chemins, ici, sont nos seuls
vertiges ; nous les menons le plus loin
possible.
Qu’ils montent ou qu’ils descendent,
leur but est à chercher dans le
paysage de nos pensées, celles qui
marchent à côté de notre histoire et
qui savent autrement la rêver.
Se perdre, dès lors, ne veut pas dire
s’égarer.
Jacquy GIL
 
 
 

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