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02. mai 2020 · Commentaires fermés sur le remède de samedi… · Catégories: Remedes

Proposé par Marie

Un texte de Michel Pastoureau tiré de la revue Zadig

LE VERT DU PRINTEMPS
Par Michel Pastoureau

… Comme le dit avec grâce l’ancien français, à l’époque de la reverdie, la nature se met à avriler (fleurir)et les jeunes gens à fleureter (flirter). Dans les images, la couleur verte est alors omniprésente, notamment sur les vêtements comme si la société voulait être en accord avec la nature : toutes deux s’habillent de vert pour célébrer le retour des beaux jours. Au reste, dans cette période remplie d’allégresse, une journée joue un rôle plus important que toutes les autres : le premier mai.

            Ce jour-là, il faut s’amuser et porter le mai pour fêter l’arrivée du plus beau mois de l’année. « Porter le mai » consiste à afficher un élément de verdure : couronne de fleurs ou collier de feuilles, chapeau végétal, fougères ou rameaux accrochés aux vêtements. Ces derniers doivent être verts ou à dominante verte. Être pris sans vert, c’est-à-dire ne montrer sur soi aucun élément de cette couleur, conduit à recevoir un gage ou bien à être l’objet de moqueries.

Par une de ces facéties dont le lexique et la philologie sont coutumiers, il est un autre mot qui semble associer la couleur verte et le printemps : en latin classique comme en latin médiéval, le terme le plus courant pour nommer le printemps est ver, mot qui a laissé peu de traces en français moderne (primevère, vernal…). Son étymologie est controversée, mais la tentation est grande de le rattacher à la famille de l’adjectif viridis (vert) et d’admettre que le printemps est la saison verte par excellence. Certes, les règles de la phonétique semblent s’opposer à une telle filiation, mais pour la symbolique des couleurs, le lien entre le ver latin et le vert français paraît presque naturel.

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