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13. mai 2021 · Commentaires fermés sur Nos arbres des « 21 »… · Catégories: Remedes

Merci Jehanne et Nadine P. pour vos textes …
Il est toujours temps d’écrire sur ces propositions mensuelles.
Rendez-vous chaque 21 ème jour du mois …
A bientôt !

21 avril 2021

Enserrés dans des squares étriqués, alignés au cordeau sur les vastes esplanades ou les artères bruyantes, les arbres de nos villes se fondent dans le décor urbain. Ils sont domestiqués, élagués et arrachés sans égards, confinés dans des pots, ces prisonniers d’un monde minéral où leurs racines trop à l’étroit restent désormais muettes. Marronniers des places aux ailes vertes rognées, peupliers solitaires cernés par la pierre des grands immeubles gris, platanes empoussiérés, parasols ombreux des boulevards, tilleuls odorants des cours de récréation, ils sortent de l’anonymat au retour des bourgeons. Le temps de la belle saison revenue, les beaux vieux arbres tiennent le haut du pavé. Prunus et cerisiers du Japon arborent leur ramure rose et blanche, somptueuses coupoles éphémères, les tilleuls sortent le grand jeu des senteurs, les marronniers aux thyrses triomphales pavoisent sur les grand-places. Stars des parcs prestigieux, courtisés comme des altesses, ou spécimens plus communs, ils illuminent le printemps. Se pressent à leur pied une foule d’adorateurs photographes, qui se détourneront dès que la belle floraison cèdera peu à peu la place aux banales feuilles vertes.  Nos vedettes printanières rejoindront alors dans l’indifférence des foules citadines le paysage saturé de la ville. Et nos arbres malmenés se prendront à rêver aux temps anciens où ils peuplaient, souverains, le monde non défriché d’où la ville les a chassés.

Jehanne

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Mon arbre n’est pas le mien.

Je n’ai pas de terrain, jardin ou potager où il pourrait flamber et s’épanouir, même y mourir.

Mais si c’était le cas, si ce coin de paradis existait, l’appellerais-je « Mon arbre » pour autant.

Je ne crois pas. J’aurais trop peur que cet adjectif possessif dénonce ce qu’il annonce, passer du possessif à l’excessif sans marge, sans recul, le trouvant forcément plus beau que celui du voisin ou plus belles ses fleurs quand il me les offrirait. Un lien faussé entre lui et moi dès le départ.

Je n’ai pas d’arbre à moi alors je peux en choisir celui du jour, son ami le lendemain, et le nommer ainsi pour quelques heures.

La couleur du ciel, le temps dédié à pouvoir le regarder, la grille qui garde une part de son mystère, tout m’aide à faire ce choix. Il n’a pas de prétention à être l’heureux élu, pour cela il faudrait que je sois personne dont l’avis compte aux yeux du monde.

Non, il se laisse doucement admirer, parfois capturer par une photographie ou en mots.

Il respire la bonté et l’humilité. C’est à ses pieds, ce que je viens chercher.

Nadine P.

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