05. décembre 2022 · Commentaires fermés sur Les 3èmes Rencontres franco-espagnoles · Catégories: Actualités

Du 2 au 10 décembre, à Sète et à Montpellier, se tiennent les troisièmes Rencontres franco-espagnoles organisées par l’association Voix de l’extrême Poésie et Culture.
Cette année, elles ont pour thème « Enfants de la guerre, enfants de l’exil d’hier et d’aujourd’hui. »
Vous pouvez découvrir le très riche programme ICI

L’association Voix de l’extrême Poésie et Culture propose des actions culturelles éducatives et mémorielles. Elle est née d’une collaboration d’artistes espagnols, français, d’un courant poétique international qui place la poésie et l’art au service de l’engagement et de la mémoire. l’association s’attache à valoriser la mémoire historique, culturelle et poétique espagnole. Elle publie des anthologies internationales, avec la participation d’artistes et de poètes engagés.

En 2021, ces Rencontres concernaient les « Femmes espagnoles en résistance, femmes libres et engagées en France« 

Les voix des visages@by Ethel Muniz 

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Le poème d’Antonio Machado (poète espagnol 1875-1939)
est extrait de Champs de Castille résonne à travers le temps …
A lire à voix haute en espagnol et/ou en français …

aminante, no hay camino

Todo pasa y todo queda,

pero lo nuestro es pasar,

pasar haciendo caminos,

caminos sobre el mar.

Nunca persequí la gloria,

ni dejar en la memoria

de los hombres mi canción;

yo amo los mundos sutiles,

ingrávidos y gentiles,

como pompas de jabón.

Me gusta verlos pintarse

de sol y grana, volar

bajo el cielo azul, temblar

súbitamente y quebrarse…

Nunca perseguí la gloria.

Caminante, son tus huellas

el camino y nada más;

caminante, no hay camino,

se hace camino al andar.

Al andar se hace camino

y al volver la vista atrás

se ve la senda que nunca

se ha de volver a pisar.

Caminante no hay camino

sino estelas en la mar…

Hace algún tiempo en ese lugar

donde hoy los bosques se visten de espinos

se oyó la voz de un poeta gritar

“Caminante no hay camino,

se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso…

Murió el poeta lejos del hogar.

Le cubre el polvo de un país vecino.

Al alejarse le vieron llorar.

“Caminante no hay camino,

se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso…

Cuando el jilguero no puede cantar.

Cuando el poeta es un peregrino,

cuando de nada nos sirve rezar.

“Caminante no hay camino,

se hace camino al andar…”

Golpe a golpe, verso a verso.

Marcheur, il n’y a pas de chemin

Tout passe et tout reste

Mais notre destin c’est de passer

Passer en créant des chemins

Chemins sur la mer

Je n’ai jamais poursuivi la gloire

Ni laissé dans la mémoire

Des hommes ma chanson ;

Moi j’aime les mondes subtils,

Légers et doux,

Comme des bulles de savon

J’aime les voir se peindre

De soleil et graine, voler

Sous le ciel bleu, vibrer

Subitement et se briser

Je n’ai jamais poursuivi la gloire

Marcheur, ce sont tes traces

Le chemin et rien de plus ;

Marcheur, il n’y a pas de chemin

Le chemin se crée en marchant

En marchant se crée le chemin

Et en tournant les yeux derrière

On voit le sentier qui jamais

Ne doit de nouveau être foulé

Marcheur, il n’y a pas de chemin

Sinon celui des étoiles dans la mer…

Ça fait un temps que dans ce lieu

Où aujourd’hui les forêts se vêtissent d’aubépines

On a entendu la voix d’un poète crier :

« Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Le chemin se crée en marchant… »

Coup par coup, vers par vers…

Le poète est mort loin du foyer.

Le couvre la poussière d’un pays voisin.

En s’éloignant ils l’ont vu pleurer.

« Marcheur, il n’y a pas de chemin,

Le chemin se crée en marchant… »

Coup par coup, vers par vers

Quand le chardonneret ne peut chanter.

Quand le poète est un pèlerin,

Quand il ne sert à rien de prier.

« Marcheur il n’y a pas de chemin

Le chemin se crée en marchant… »

Coup par coup, vers par vers …

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