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16. octobre 2019 · Commentaires fermés sur Deux polars sur « ENCRES VAGABONDES » · Catégories: Nous avons lu

Anne-Marie a chroniqué deux polars et nous les conseille

« Un long retour »
de Louise Penny

Une enquête de l’inspecteur-chef Armand Gamache…

Actes Sud, coll. « Actes noirs », 2019

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et une nouvelle enquête de l’inspecteur William Wisting…

« L’Usurpateur »
de J.L Horst!

Gallimard Série Noire

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04. juillet 2019 · Commentaires fermés sur Pour lire cet été… · Catégories: Nous avons lu

Sur le site d’Encres Vagabondes,
Anne-Marie nous recommande

« Une soirée de toute cruauté »
de Karo HÄMÄLÄINEN

et

« La dédicace »
de Leïla BOUHERRAFA
Leïla  BOUHERRAFA, La dédicace
Cliquez sur les images pour lire les  critiques…

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21. février 2019 · Commentaires fermés sur Une nouveauté à découvrir sur le site « ENCRES VAGABONDES » · Catégories: Nous avons lu

Notre amie Anne-Marie a été enthousiasmée et vous conseille la lecture de

Par-delà la pluie

de Víctor del Árbol

Actes Sud, coll. « Actes noirs », 2019

« Un prologue qui se passe à Tanger en 1955 indique le tragique, la mort, mais aussi la résistance, la force, et déjà, les mots, les phrases magnifiques de Víctor del Árbol qui nous atteignent, nous séduisent, alors qu’elles nous percutent… »

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23. octobre 2018 · Commentaires fermés sur À découvrir … ce mois-ci · Catégories: Nous avons lu

Sur le site d’Encres Vagabondes, deux livres conseillés par Anne-Marie

 

« La tristesse des femmes en mousseline »

de Jean-Daniel BALTASSAT

 

 

 

 

« Le corps est une chimère »

de Wendy DELORME

 

 

 

 

Cliquez sur les images pour lire ces critiques…

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08. juin 2018 · Commentaires fermés sur Sur le site d’ENCRES VAGABONDES… · Catégories: Nous avons lu

Faites provision de lectures pour l’été ….

Notre amie Anne-Marie nous propose ce mois-ci trois critiques :

« Le chasseur de lapins » de Lars Kepler (Actes Sud)

« Les blessures du silence » de Natacha Calestrémé (Albin Michel)

« Retour à Duncan’s creek » de Nicolas Zeimet (Editions Jigal)

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliquez sur les images pour lire ces critiques…

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22. avril 2018 · Commentaires fermés sur Découvrez un polar japonais… · Catégories: Nous avons lu

Anne-Marie nous propose sa critique d’un polar Japonais magnifique :

« Montagne claire,montagne obscure » paru chez  Actes sud…

cliquez sur l’image pour accéder au site dEncres Vagabondes

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29. mars 2018 · Commentaires fermés sur Critiques de Bénédict et le Beau Mystère · Catégories: Nous avons lu

Sur le site d’ENCRES VAGABONDES

Découvrez les critiques faites par Anne-Marie de :

  • l’article concernant « Bénédict » de C Ladjali

  • « Le beau mystère  » Louise Penny

Cliquez sur les images pour accéder aux articles

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12. février 2018 · Commentaires fermés sur Un livre à découvrir… « Un amour de mille-ans » · Catégories: Nous avons lu

« Un amour de mille-ans » de Akira Mizubayashi.

Découverte proposée par Myriam :

Deux cultures, japonaise et française, qui se conjuguent pour donner le meilleur : une écriture fine, ciselée, sensible, lente, nourrie des multiples détails qui font le quotidien et racontent la passion de la musique, cette autre culture.
Musique qui sera la source de rencontres, les deux femmes d’une vie: celle qui passe comme en rêve, et laisse sa trace, profonde – celle qui partage tout et dont la mort rend la vie irréparable.

Tout le livre est porté par la musique de Mozart, en particulier « Les noces de Figaro » mais on y parle aussi cinéma, littérature, les références y sont multiples qui portent le lecteur comme un souffle d’intelligence. Même l’émotion est subtile, elle se fait prudente, discrète, à fleur d’âme… un merveilleux voyage.

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11. décembre 2017 · Commentaires fermés sur Coup de coeur pour Gabriële… de Anne et Claire Berest · Catégories: Nous avons lu

Coup de cœur absolu de Sonia !

J’ai dévoré en 5 jours ce roman de 450 pages ;
j’ai quitté à regret la tribu de Francis Picabia, Marcel Duchamp, Guillaume Apollinaire et surtout le personnage central si complexe et fascinant : Gabriële.

L’orthographe du prénom n’est pas la moindre des particularités de cette femme hors norme à cheval entre le XIXème et le XXème siècle et qui a vu éclore les plus grands génies de l’avant garde, assisté et contribué à la naissance du dadaisme et du surréalisme, été tour à tour muse, épouse et amante.
Mère un peu moins pour ne pas dire pas du tout, et c’est là tout le pari de ce livre écrit à quatre mains par deux sœurs qui ont découvert tardivement leur lien de parenté avec ce couple passionnel et destructeur.

 

La grande force de ce livre réside dans le fait que c’est à la fois une passionnante biographie de cette femme mais également la tentative honnête et parfois douloureuse de percer à jour ce secret de famille, de découvrir pourquoi le silence s’est fait autour de Gabriële.

L’écriture est sublime, portée par une grande sensibilité et une volonté de raconter, comprendre mais pas forcément de pardonner. C’est à ce titre que ce livre me semble en cohérence avec les valeurs qui animent les Sentiers d’Ecriture, l’écriture de soi et des autres…

Gabriele, Anne et Claire Berest, Stock, août 2017, 450 pages, 21.50€

01. décembre 2017 · Commentaires fermés sur Nouvelle critique sur « Encres vagabondes »… · Catégories: Nous avons lu

Ne manquez pas le nouvel article d’Anne-Marie
sur le magnifique livre de Joyce Carol Oates

«Paysage perdu »

à lire sur le site de

« Encres vagabondes »

 

 

 

et profitez de votre balade sur ce site pour lire  l’interview retransmis d’Eliane Viennot !  (qui vient d’écrire : « Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin ! «  )

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20. novembre 2017 · Commentaires fermés sur Quelques livres lus avec passion… · Catégories: Nous avons lu

Voici les livres proposés par notre amie Simone :

« Une femme fuyant l’annonce » de David Grossman

 Vous avez surement lu ce livre, prix Medicis Etranger 2011
Moi, cet été, j’ai mis beaucoup de temps à trouver le sens caché de cette fuite

 D’autant plus que le prologue, très beau, très sensible, voire poétique qui plaçait trois  enfants dans un contexte de guerre, aux prises avec la maladie, la souffrance physique, la mort  mais aussi l’amour, l’affirmation de soi, le désir, l’espérance, le prologue, donc, n’annonçait rien de l’événementiel. il n’énonçait que  l’origine des relations complexes  et admirables entre ces trois protagonistes devenus adultes.

Ora, épouse d’Ilan qui l’a quittée en emmenant son fils aîné loin, très loin d’Israël  où se déroule la grande Intifada,  décide de quitter son domicile pour ne pas être présente quand on lui annoncera la mort de son second  fils Ofer qui vient de  se porter volontaire pour une  expédition punitive de 28 jours extrêmement dangereuse, et ceci à l’issue même de son service militaire. Dans cette démarche de conjuration de la mort de son fils, elle entraine avec elle Avram son amour de jeunesse, le père d’Ofer qui n’a pas voulu le reconnaitre ni, jusque-là, entendre parler de lui. Elle lui apprend la paternité, lui fait connaitre la vie de son fils pour mémoire…

 Le récit de cette randonnée fabuleuse dans une Galilée magnifique et des conversations continues d’Ora avec Avram est bouleversant.  Il nous apprend l’histoire de cette famille israélienne, fondée sur l’amitié (et quelle amitié !) le don de soi, l’amour sous toutes ses formes, dans les déchirements et l’horreur de la guerre.

 

« À la lumière de ce que nous savons »  de Zia Haider Rahman A la lumière de ce que nous savons

Christian Bourgeois éditeur 2016

C’est un formidable premier roman !

Deux amis se retrouvent vingt ans après leurs études. Issus de milieux sociaux fort opposés mais dont les parents ont tous, dans des conditions bien différentes, vécu l’exil, Ils étudient ensemble les mathématiques à Oxford dans les années 80. Leurs itinéraires vont diverger. L’un, le narrateur, fils d’une grande famille pakistanaise est devenu banquier d’affaires, l’autre : Zafar fils d’une pauvre famille d’émigrés bangladais. Zafar, héros de ce roman, après avoir été un trader « magicien de la finance » va devenir avocat international dans l’humanitaire.

Il revient un jour en 2008 « défait et décharné » chez son ancien ami qui nous rapportera, en la commentant et la comparant à ses propres tourments, l’odyssée de Zafar, à travers le monde en perdition, les drames vécus dans les sociétés en guerre, ses conflits intimes, ses réflexions profondes sur la condition humaine, et ceci dans le récit magnifique de leur très longue conversation.

Les références au théorème de Gödel, à Einstein (principe d’incertitude), à Freud  mais aussi à Philip Roth, à Sartre, à Churchill éclairent cette réflexion et justifient le titre du livre.
Oui on lit maintenant l’histoire de cet homme et du monde … à la lumière de ce que nous savons.

« Ce qu’il advint du sauvage blanc » de François Garde
Gallimard 2012  Prix Goncourt du premier romanCe qu'il advint du sauvage blanc

  Passionnante cette histoire (vraie ?) d’un marin breton naufragé sur une côte d’Australie qu’on retrouve 17 ans après à Sydney, nu, tatoué sur tout le corps et qui a oublié son nom, la langue française et apparemment tout ce qui lui est arrivé pendant ces 17 années.

  Il est confié à un anthropologue amateur le Vicomte de Vallombreuse qui séjourne alors en Australie. Le Vicomte cherche à établir avec lui un contact humain et respectueux, lui faire retrouver la mémoire, l’usage de la langue française et le faire revenir en Europe où son cas pourra être étudié par les plus hautes sociétés scientifiques.

Nous suivons ce récit dans la bouche du marin pour ce qui est de son naufrage et des premiers mois de son séjour sur cette côte et par la correspondance que le vicomte de Vallombreuse tient avec le Président de la Société Française de Géographie qui le conseille et l’encourage dans son projet de faire retrouver au marin ses origines, sa culture, sa mémoire et sa dignité. Chemin faisant nous suivons les progrès scientifiques de l’anthropologie au19ème siècle mais aussi les préjugés d’une société arrogante, raciste à laquelle est confronté l’anthropologue. L’écriture est fluide élégante, on lit ce livre avec passion impatiente, bonheur…

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27. octobre 2017 · Commentaires fermés sur Charles Juliet à la radio · Catégories: Nous avons lu

Charles Juliet est l’invité de « Remèdes à la mélancolie » d’Eva Bester. sur France Inter. C’était le 15 octobre. Un moment précieux ! Pour l’écouter, c’est ici

Parait ces jours-ci son avant-dernier journal au beau titre de « Gratitude ».
En voici la quatrième de couverture … une invitation à aller derechef dans votre librairie ou bibliothèque préférée !

Gratitude  – Journal IX  2004 – 2006

Intrusions dans l’intime, retours à l’enfance, doutes, interrogations, réflexions diverses, notes sur des personnes rencontrées…, ce journal répond au besoin que j’ai de retenir ce qui m’échappe, cette vie qui me traverse et dont je tiens à garder la trace. Certes le temps emporte tout, mais donner forme à ce que je veux ne pas perdre, c’est mieux me comprendre, c’est dégager le sens de ce qui m’ échoit. Et au terme de la moisson engrangée, c’est offrir les mots rassemblés à cet autre qui se cherche. En espérant le rejoindre dans sa solitude et lui être ce compagnon qui chemine à ses côtés.
Charles Juliet

Bonne lecture ! Faites-nous part de vos impressions ici !

 

14. octobre 2017 · Commentaires fermés sur Dans la revue Encres Vagabondes… · Catégories: Nous avons lu

Ne manquez pas de lire

la critique de notre amie Anne-Marie :

« La beauté des jours »

de Claudie Gallay

sur le site de

« Encres vagabondes »

En ces temps de rentrée , plongez-vous dans de belles lectures !!!

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23. mai 2017 · Commentaires fermés sur Coup de coeur pour « Repose-toi sur moi » de Serge Joncour · Catégories: Nous avons lu

Repose-toi sur moi par Joncour

 

Mathilde a lu ce livre avec enthousiasme et nous le recommande :

 

Âmes sensibles, avides d’humanité : foncez !
Je vous propose de plonger dans le dernier opus de Serge Joncour…

«  Ce qui frappe tout de suite chez Ludovic, c’est sa stature. Être baraqué marque un caractère, ça conditionne son rapport à l’autre »

Ludo, Aurore, y a pas à dire, ils sont croquignolets, ces deux-là !
L’écriture simple et directe de l’auteur nous fait cheminer épaule contre épaule avec ces drôles de personnages, naviguant entre exubérance et douceur. On est embarqué dans leurs aventures, leurs errances…

Pourquoi ces deux êtres toujours décalés se sont-ils rencontrés ?

« Quand d’un coup on s’embrasse, c’est que vraiment on n’en peut plus de cette distance, même collés l’un à l’autre on a la sensation d’être encore trop loin, pas assez en osmose, de là vient l’envie de se fondre, de ne plus laisser d’espace. »

Aurore, styliste mère de famille et Ludovic, jeune veuf perdu à Paris, ne cessent de se débattre dans leur environnement respectif. Ils nous apparaissent inaptes à vivre leur existence, continuellement à fleur de peau. Touchants.
Tour à tour, on voudrait les repousser et leur offrir le refuge de nos bras.

Pour ma part, j’ai eu bien du mal à m’extirper de cette histoire et à lâcher le livre,  même une fois la dernière page tournée…

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26. mars 2017 · Commentaires fermés sur Critique de « Arrête avec tes mensonges »… · Catégories: Nous avons lu

Un nouvel article d’Anne-Marie
sur le livre de Philippe Besson

« Arrête avec tes mensonges »

à lire sur le site de

« Encres vagabondes »

 

 

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02. mars 2017 · Commentaires fermés sur Voici un texte étonnant et décoiffant ! · Catégories: Nous avons lu

Un texte étonnant et décoiffant qui m’a interrogé sur ce qu’on appelle « normalité » et qui m’a ouverte sur l’univers explosif de Babouillec,
autiste murée dans le silence et classée « déficiente mentale ».
Anne-Marie Soum

« Je suis arrivée dans ce jeu de quilles comme un boulet de canon, tête le première, pas de corps aligné, des neurones survoltés, une euphorie sensorielle sans limites. »

Algorithme éponyme  est l’œuvre déroutante et inclassable d’Hélène Nicolas alias Babouillec, une jeune femme autiste, diagnostiquée « déficitaire à 80% ».
Jamais scolarisée, elle n’a, selon ses propres mots, « pas appris à lire, à écrire, à parler ».
Elle réussit pourtant, après vingt ans de silence, à écrire à l’aide de lettres en carton disposées sur une feuille blanche, des textes d’une grande force poétique,révélant d’incroyables dons d’écriture. »

Vous pouvez voir le documentaire sur Babouillec  réalisé par Julie Bertuccelli « Dernières nouvelles du cosmos » 2016

et aussi écouter l’ émission « L’heure bleue » sur France Inter du 23 février 2017 en cliquant ici

 

27. février 2017 · Commentaires fermés sur Dans la revue Encres Vagabondes… · Catégories: Nous avons lu

Un nouvel article d’Anne-Marie  concernant le livre d’Isabelle Desesquelles 

«  Un jour on fera l’amour » ,

à lire sur le site de

« Encres vagabondes »

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14. février 2017 · Commentaires fermés sur Un livre à découvrir « S’émerveiller » de Belinda Cannone … · Catégories: Nous avons lu

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« Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés, la lumière est belle et notre regard vigilant : alors l’émerveillement nous saisit. D’où vient ce sentiment fugitif ? Il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectacle. Souvent c’est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain on vit pleinement, ici et maintenant, dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie. 
Le risque de l’enténèbrement a frappé notre époque mais il faut d’autant plus persister à évoquer l’émerveillement. Car la construction du bonheur, le respect de chaque vie précaire, précieuse et susceptible d’accueillir les plaisirs en même temps que le labeur, sont la marque de notre conception de l’existence. Ici est notre séjour, y porter un regard attentif est le plus sûr remède contre le nihilisme. »

Voici ce qui est écrit sur la quatrième de couverture de ce livre ! Sa lecture nous invite à apprécier et savourer ces instants parfois si fugaces qui nous procurent de la joie, des étoiles dans les yeux et le sourire aux lèvres !

Nous pourrions, comme quelqu’un que nous connaissons le fait si bien, ouvrir un carnet où nous noterions tous ces moments d’émerveillements … Une indéfinissable légèreté nous saisirait nous ouvrant à la perception de toute forme de beauté… Partageons nos émerveillements après la lecture de ce livre !

31. janvier 2017 · Commentaires fermés sur Coup de cœur ! · Catégories: Nous avons lu

Jacqueline nous offre une découverte « Coup de cœur …

L’œil postiche de la statue Kongo
d’Anne-Christine Tinel

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Anne, enquêtrice de personnalité pour la justice, rencontre Lucie, principale suspecte du meurtre de l’épouse de son ex-mari. Parallèlement à une intrigue policière que l’on qualifierait de légère au premier abord, la narratrice nous emmène avec beaucoup de finesse dans le dédale psychologique des divers protagonistes du roman. L’histoire de sa propre filiation vient en contrepoint se superposer à l’enquête.

Le style à la fois décalé et poétique d’Anne-Christine Tinel fait de ce roman policier, un livre dont la lecture m’a happée jusqu’à son terme et bien au-delà de la dernière page…

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12. janvier 2017 · Commentaires fermés sur « Madeleine project « un reportage, un livre et un projet passionnant à (re)découvrir · Catégories: Nous avons lu

Grâce à Florence, j’ai découvert ce livre que j’ai lu immédiatement avec beaucoup d’intérêt  par ce qu’il raconte et par l’utilisation d’une forme d’écriture résolument moderne, très novatrice pour moi. Toute une vie approchée en sympathie par des photos d’objets et en tweets (140 signes maximum par message). Une enquête menée dont l’histoire n’est pas terminée. Des contributions inattendues (des followers, des lycéens, des écoliers …)  permettent d’aller plus loin …
Ceci est une invitation enthousiaste à vous faire découvrir « Madeleine project »!   Agnès Morin

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« Elle s’appelait Madeleine, elle aurait eu 100 ans en 2015. Je m’appelle Clara, j’ai 31 ans. Nous ne nous sommes jamais connues. C’est la femme qui a vécu dans mon appartement avant moi, pendant 20 ans. Elle est morte un an avant que je m’y installe, l’appartement avait été refait à neuf. Mais tout le monde avait semble-t-il oublié la cave. J’y ai découvert toute la vie de Madeleine, objets, photos, lettres. Je me suis plongée dedans ». Clara Beaudoux

 

Vous pouvez continuer à entendre parler de ce projet en cliquant sur ces liens ici et là également.

02. janvier 2017 · Commentaires fermés sur Un nouvelle proposition de lecture · Catégories: Nous avons lu

Sonia Gouirand nous fait part de la critique d’un livre qu’elle a beaucoup aimé et qu’elle souhaite partager avec celles et ceux qui suivent le blog. Un autre livre de Sophie Chauveau.

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Difficile de classer ce livre à la fois roman, biographie et essai. Mais il est certain que l’écriture a permis à Sophie Chauveau d’atteindre son but : se réparer mais aussi autoriser ceux qui ont été abusés à se trouver une forme d’apaisement (la trouve-t-on jamais?) face à leur enfance en lambeaux.

Elle traite en effet d’un sujet difficile et surtout toujours tabou dans les classes aisées dont elle est issue : l’inceste transgénérationnel, banalisé comme mode de relation entre les membres de la famille et ô combien légitimé à son époque par les libertaires années soixante dix. On associe volontiers cette barbarie à des familles étiquetées cas sociaux et qu’il est rassurant d’imaginer dégénérées par la consanguinité. Il est certes beaucoup plus gênant d’envisager que l’inceste puisse être pratiqué dans les beaux quartiers et dans les familles bourgeoises d’intellectuels.

A la faveur d’une rencontre avec une cousine qui lui avoue avoir subi le même calvaire, Sophie Chauveau entreprend alors de nommer, puis de comprendre mais jamais d’excuser. Le début du livre est digne d’une fresque à la Dumas : elle pose les bases de cette dynastie déviante qui s’ enrichira grâce au dépeçage des animaux du Jardin des Plantes pendant le siège de Paris de 1870, Est-ce parce que ce marché noir finira par devenir légal au vu de de la nécessité de nourrir les Parisiens que le sentiment d’impunité va s’enraciner dans l’inconscient des descendants et préparer les horreurs à venir ? C’est une galerie de personnages d’une noirceur à la Jérôme Bosch que Sophie Chauveau va dépeindre. Puis faire une introspection lucide et honnête en revenant sur sa vie, ses difficultés relationnelles, ses craintes de perpétuer cette engeance lors de ses grossesses pour enfin énoncer sa souffrance face à la complicité passive de sa mère.

« Un enfant fait tout pour obtenir l’amour de sa mère parce qu’il ne peut pas vivre sans. Tout, c’est aussi bien se soumettre à l’homme qu’elle s’est choisi pour ne pas la perdre. Elle serait si triste… Je me suis soumise ». (p.216)

Généreuse, Sophie Chauveau écrit aussi pour redonner histoire aux victimes de pervers et le dernier chapitre s’intitule d’ailleurs « on peut en sortir ». Ce livre bouleversant mais qui sait éviter les écueils du voyeurisme et de la complaisance s’achève sur le message suivant : « Faites attention à vous, et s’il vous plaît, prenez un soin précieux de nos descendants ». A méditer et transmettre…

 

 

        

25. novembre 2016 · Commentaires fermés sur Nouvel article de la revue Encres Vagabondes · Catégories: Nous avons lu

Anne-Marie vient de mettre en ligne sur « Encres Vagabondes » un article à propos du livre de Michel Bernard
« Deux remords de Claude Monet » .

« Un roman en trois parties et trois prénoms : Frédéric, Camille, Claude.
Qui commence par cet épisode bouleversant où Gaston Bazille, traverse une France meurtrie pour aller chercher son fils, blessé. Mais il va ramener sa dépouille auprès des siens, à Montpellier. Frédéric Bazille vient de mourir, à l’âge de vingt-neuf ans, au cours de la guerre de 1870… »

Lisez la suite de l’article sur « Encres Vagabondes« 

 

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17. octobre 2016 · Commentaires fermés sur une critique de la revue Encres Vagabondes · Catégories: Nous avons lu

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Anne-Marie Boisson a critiqué pour

ENCRES VAGABONDES

le roman de Violette Cabesos

«Portrait de groupe avec parapluie».

 

 

Voilà, tout de suite, l’histoire rocambolesque, les peintres géniaux, un suspense teinté d’humour, d’amour, de frustrations, des personnages hauts en couleur, une intrigue tirée par les poils du pinceau, tout cela réuni avec une cette maitrise qui nous laisse savourer notre plaisir page après page.

Nous plongeons, ici, grâce, ou à cause, d’un psychopathe, au cœur d’une époque qui va de l’impressionnisme, au fauvisme et au cubisme avec les grands : Derain, Picasso, Soutine, Modigliani, etc….

La suite de la critique ICI

10. octobre 2016 · Commentaires fermés sur Critique de la revue Encres Vagabondes · Catégories: Nous avons lu

Notre amie Anne-Marie Boisson a critiqué pour la revue ENCRES VAGABONDES le livre de J.M Guenassia :
«La valse des arbres et du ciel».

Dans ce roman, l’auteur nous parle des derniers mois de la vie de Van Gogh à Auvers sur Oise.

À découvrir après l’exposition Frédéric Bazille …

Retrouvez cette critique ICI

 

01. octobre 2016 · Commentaires fermés sur « Manet, le secret » de Sophie Chauveau · Catégories: Nous avons lu

Pour prolonger le plaisir de fréquenter Frédéric Bazille...,
La biographie de Manet, "Manet,le secret "par Sophie Chauveau est une bien agréable lecture. 
Dans ce récit se côtoient  les grands peintres du XIX eme tels que Manet, Monet, Pissaro, Renoir, Degas, Fantin, Morisot...et Bazille.
Par son style alerte, l'auteur nous entraine dans le tourbillon du monde artistique de cette deuxième moitié du siècle qui tente d'imposer
un nouveau courant de peinture face à l'Académisme conventionnel. 
Nous assistons au fil des pages aux espoirs, déconvenues des artistes qui se voient refuser leurs œuvres au prestigieux Salon 
jusqu'à celui des Refusés durant lequel les scandales se succèdent.
Mais surtout  nous entrons dans le cercle de l'amitié généreuse qui les unit, découvrons leur engagement humaniste et l'ambiance parisienne 
sous Napoléon III. 
Dans le genre romancé qui  est le sien, Sophie Chauveau réussit l'exploit de nous entraîner dans une lecture ininterrompue nous rendant familiers
ces personnages qu'ils soient peintres ou hommes de lettres qui comptent tellement dans notre Histoire des Arts.

Jacqueline Desmaretz


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12. septembre 2016 · Commentaires fermés sur Un nouveau coup de coeur · Catégories: Nous avons lu

Sonia nous propose de lire :

« Toutes les vagues de l’océan » par Victor Del Arbol (Actes Sud Noirs, 2015)

toutesvagues            Je voudrais partager un coup de coeur que j’ai dévoré cet été malgré ses quelques 600 pages.

Plus qu’un polar, c’est surtout un roman noir sur la nature humaine à l’intrigue remarquablement construite. Deux époques s’entrecroisent : tout d’abord les années 30 où l’on assiste à l’engagement politique d’Elias, ingénieur catalan qui désire contribuer à l’éclosion de la grande nation soviétique. Le désenchantement est bien sûr vite au rendez-vous, mais plus que la fin d’une utopie politique, c’est une véritable descente aux enfers que va vivre Elias. Il sera amené à questionner le sens profond de la solidarité, de l’engagement, de la condition même d’être humain lorsqu’il sera successivement déporté en Sibérie puis au camp d’Argelès. Son histoire dans l’Histoire aura des conséquences sur ses descendants et leur volonté d’en découdre avec la mafia russe des années 2000.

Extrêmement bien documenté mais jamais laborieux, ce roman dévoile une page méconnue du communisme espagnol et son implication dans les exactions staliniennes. C’est également une fascinante galerie de personnages, tous crédibles et touchants dans leurs contradictions et leurs faiblesses. L’intégrité morale est dure à conquérir mais elle constitue le fil rouge qui relie tous les protagonistes.

Victor Del Arbol ne se pose pas en donneur de leçons , il sait toutefois montrer les conséquences de choix dictés par l’ambition, l’amour aveugle ou tout simplement la survie. Magistral…

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06. juin 2016 · Commentaires fermés sur Une critique parue sur Encres Vagabondes… · Catégories: Nous avons lu

Notre amie Anne-Marie Boisson a critiqué pour

la revue ENCRES VAGABONDES

le dernier ouvrage de Camille Laurens« Celle que vous croyez »

Retrouvez son analyse sur le site d’Encres Vagabondes

21. mai 2016 · Commentaires fermés sur Plaisirs de lire… · Catégories: Nous avons lu

Deux livres que j’ai beaucoup aimés….    Marie CJ


Les passants de Lisbonne

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson

Une rencontre par hasard dans un hôtel à Lisbonne entre deux êtres  en détresse. Une relation de compagnonnage, d’amitié se crée peu à peu entre eux. Chacun de ces deux là doit affronter la disparition de l’aimé, ils vont s’apprivoiser, apprendre à se parler au fil de déambulations dans la ville, et se soutenir dans leur parcours de réancrage dans la vie.

Les mots de Philippe Besson disent avec finesse, pudeur et justesse des détails, la souffrance, l’intime et aussi la force de la vie. J’ai beaucoup apprécié ce livre, qui m’a touchée et accompagnée dans une période difficile.

« Décidément, ils ne sont guère vaillants, ces deux-là. Ils se font face, un peu cassés, franchement démunis. Deux naufragés lamentables. Deux mutilés pitoyables et dérisoires. »

« Et puis elle lance : « Je suis contente que vous m’ayez amenée ici. Il faut aller là où ça palpite, apprendre la légèreté, voir que le monde continue, échapper de temps en temps au silence. » »

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Le chat de SCHRÖDINGER  de Philippe Forest

« Attraper un chat noir dans l’obscurité de la nuit est, dit-on, la chose la plus difficile qui soit. Surtout s’il n’y en a pas.
Je veux dire surtout s’il n’y a pas de chat dans la nuit où l’on cherche.
Ainsi parle un vieux proverbe chinois à la paternité incertaine. Du Confucius. Paraît-il…
Je crois comprendre ce que cette phrase signifie. Elle dit que la sagesse consiste à ne pas se mettre en quête de chimères. Que rien n’est plus vain que de partir à la chasse aux fantômes. Qu’il est absurde de prétendre capturer de ses mains un chat quand nul ne saurait discerner, même vaguement, sa forme absente dans l’épaisseur de la nuit.
Mais le proverbe n’affirme pas que la chose soit impossible. Il dit juste que trouver un chat noir dans la nuit est le comble du difficile…
J’ouvre les yeux dans le noir de la nuit. Des lignes, des taches, des ombres, le scintillement d’une forme qui fuit. Quelque chose qui remue dans un coin et envoie ses ondes ricocher au loin vers le vide qui vibre. » 
Extrait de la quatrième de couverture

Erwin Schrödinger,  physicien de haut niveau, spécialiste de physique quantique, imagina cette expérience du chat de Schrödinger, qui peut être à la fois mort et vivant, pour illustrer un phénomène de physique quantique… mais cette hypothèse, selon laquelle « toute chose existe simultanément sous des formes opposées au sein de la réalité » valable en physique quantique , ne peut pas se transposer directement dans notre monde macroscopique…

Philippe Forest part de ce phénomène pour écrire un roman fictionnel, mais également autobiographique, dans lequel le narrateur, comme étranger au réel, déambule à la limite d’un monde imaginaire, en compagnie d’un chat (réel ? inventé ?) qui est arrivé dans le noir du fond du jardin, s’est installé dans la maison, puis a disparu. Le narrateur porte en lui le chagrin inconsolable de la perte de sa petite fille.

Dans la proposition de Schrödinger, une chose peut à la fois être et ne pas être, serait-ce une piste pour l’auteur qui nous entraîne dans ses errances entre le monde réel et le monde de nos disparus. Quelle part de mystérieux, d’indéfinissable dans notre réalité quotidienne ?

Je vous conseille vivement de ne pas vous laisser impressionner par l’aspect scientifique de ce roman « philosophique », et de vous plonger dans cette expérience de pensée insolite et enrichissante, au fil de la plume de Philippe Forest simple, agréable et facile à suivre…

Le chat de schrodinger∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞

13. avril 2016 · Commentaires fermés sur « 14-18 Le chemin des larmes » de François Courtin · Catégories: Nous avons lu
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François COURTIN est venu parler de son livre, « Le chemin des larmes », le 7 avril lors d’une conférence au Vigan. Vivant à Alzon, tout proche du Vigan, c’est empli d’émotion qu’il a tenu à partager cette correspondance, pas moins de 1200 lettres découvertes en 2005, échange croisé entre Henriette (sa grand-mère) et Georges COURTIN (son grand-père).
Le 27 août 1916, depuis sa tranchée, Georges Courtin écrit sa 600ème lettre : « Surtout mets bien nos lettres en place… C’est que j’y tiens beaucoup. Après la guerre je les assemblerai pour en faire un livre, à relire plus tard quand nous porterons des lunettes, peut-être marchant clopin-clopant, mais nous serons plus heureux qu’aujourd’hui, séparés que nous sommes. » Le 16 avril 1917, la mort l’attendait au Chemin des Dames.
Pour quoi ? Pour qui ? C’est la question posée par son petit fils. Cent ans après l’indignation fait écho, cent ans après les mêmes questions hantent la vie contemporaine. L’histoire appartient-elle à ceux qui la font ou à ceux qui en parlent ?
Pour avoir davantage de précision sur Le chemin des larmes, c’est ici.
Nadine Gonfrier-Piccolo
 
01. avril 2016 · Commentaires fermés sur Un coup de cœur ! · Catégories: Nous avons lu

L’amie prodigieuse

Elena Ferrante

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C’est l’histoire de deux amies qui vivent à Naples dans les années 50.

Tout au long du livre, on suit leurs parcours sur plusieurs décennies.

C’est un livre sur l’amitié, sur la découverte de l’amour.

C’est  un livre témoignage sur l’Italie pauvre de cette période, les catégories sociales qui s’entrecroisent, les ambitions, les déconvenues, le désir de rompre avec le déterminisme de classe. Comme au théâtre, les personnages secondaires participent à une mise en scène foisonnante, cruelle parfois, rendue vivante par le style alerte de l’auteur.

C’est un livre qu’on quitte avec regret et un vif désir de retrouver les deux héroïnes dans le tome suivant de cette attachante saga italienne.

 Jacqueline

10. mars 2016 · Commentaires fermés sur Voyager en lecture … · Catégories: Nous avons lu
Une proposition de lecture de Nadine Gonfrier-Piccolo
La mort et la belle vie
de Richard HUGO éd. Albin Michel (col. 10/18)
Parfois, un style, un ton, le son coulant de l’écriture, prend le pas sur l’histoire. Non pas que l’histoire soit pâle au point de ne pas être mise en avant et à l’honneur, non, c’est plus le fait que l’écrivain nous emporte dans une telle danse des mots, que l’on se laisse porter, porter… On en n’oublie cependant pas le « flic » au grand cœur, poète et policier, qui nous entraine dans le Montana. Bref, un polar pas comme les autres !
Richard HUGO disait en parlant de poésie (et la poésie, cette semaine est Reine !)
Un vrai poète est celui qui vit les poèmes, qui est tellement habité par le monde imaginaire et
le besoin d’écrire que cela guide aussi sûrement sa vie que les étoiles guidaient le vieux marin
La mort et la belle vie par Hugo

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Quelques livres lus ces derniers mois par Simone Bousquet, avec plaisir, avec intérêt, émotion :

Sauver Ispahan
Jean Christophe Ruffin
Folio 450 pages
Si vous avez aimé l’Abyssin, voici aimerez retrouver son héros et sa famille dans la suite (indépendante) tout aussi passionnante, enlevée, historique, tendre, vive, pleine d’humour.
Une écriture élégante, des références très bien documentées, enfin du vrai bon Ruffin pour l’été !

 

 

Dans le pavillon rouge
Pauline Chen
Folio 570 pages
Prix du meilleur roman des lecteurs du Point 2015
Moi aussi j’ai beaucoup aimé…
L’histoire d’une jeune orpheline qui entre dans la famille aristocratique de sa mère sous la dynastie des Qing. On entre avec elle dans la vie quotidienne des femmes du palais de Rangguo entre fastes, mensonges, intrigues politiques passions, trahisons, infidélités et autres vilénies.
Pauline Chen réécrit un classique du XVIII siècle de CaoXuequin : le rêve dans le pavillon rouge.

«Merveille littéraire, un récit épique et pourtant intime d’intrigues de palais et de tumultes politiques, éblouissant à chaque page. »
Julie Otsuka, auteur de Certaines n’avaient jamais vu la mer »

couverture
Un roi sans divertissement
Jean Giono
Folio 244 pages
Ça m’a fait grand plaisir de relire Giono Quel style !! Quelle richesse, quelle inventivité ! Quelles couleurs ! Quelle sensibilité ! Quelle intelligence ! On en ressort tout étourdi ! Je vais vite relire Le hussard sur le toit.

Un Roi sans divertissement

 

 

Karitas
tome 1:  l’esquisse d’un rêve

Karitas Gaia Éditions
folio 650 pages
tome 2 : l’art de la vie


Folio 600 pages
Kristin Maria Baldursdottir
Islandaise, K.M.B raconte avec un art du récit splendide, la vie d’une femme née en Islande en 1920, Karitas. Elle l’accompagne jusqu’à la fin du siècle dans sa volonté d’échapper au destin des femmes islandaises de son époque.
Elle y échappera par l’art, qui emplit sa vie, ses nuits, ses jours malgré tout, malgré tous, depuis son enfance. Les créations de Karitas émergent d’une vie tumultueuse ou les exigences de la maternité, les contraintes de la pauvreté, les trahisons et les passions se heurtent sans le briser à son unique désir, peindre C’est une magnifique saga islandaise où l’on rencontre auprès de Karitas, des hommes puissants et parfois tendres, des femmes fortes, des artistes connus, des paysages hostiles, métaphoriques .C’est aussi une réflexion extraordinaire sur la création artistique.
Il est impossible de lâcher ce livre avant la fin des 1200 pages. Et l’on en sort ébloui, heureux … Enfin moi, et celle qui me l’a si chaudement recommandé, ceux et celles à qui je l’ai prêté ou offert.

 

L’écriture ou la vie
Folio 396 pages
Jorge Semprun
Comment vivre et exorciser sa mort, à Buchenwald, quand on est un jeune poète, un jeune philosophe ? par l’écriture, croit-il … mais non ! car l’écriture renvoie à la mort, Comment s’arracher à ce cercle vicieux ?
Semprun compose et écrit un magnifique oratorio à partir des tumultes de sa mémoire, de ses émotions de ses douleurs
Quelle musique !

L'Ecriture ou la vie par Semprun

 

 

Essai
La puissance de la joie
Frédéric Lenoir
Fayard 203pages
C’est sûrement un des meilleurs essais de Frédéric Lenoir.
Jusqu’ici je le trouvais un peu facile, un peu redondant, meilleur dans ses romans. Mais cet essai-là m’a bien convaincue car il parle de cette sagesse de la joie qui assume toutes les peines de l’existence et les embrasse pour mieux les transfigurer … Et puis il se réfère à Spinoza, alors…

 

 

 

01. mars 2016 · Commentaires fermés sur Quelques (bons) livres à lire ! · Catégories: Nous avons lu

Voici quelques livres que Florence Guerin a particulièrement appréciés et lus récemment dont elle conseille la lecture :

L’idée ridicule de ne plus te revoir de Rosa Montero

Une journaliste se penche sur la vie de Marie Curie pour un article de commande et fait un parallèle avec la sienne : très sympathique et émouvant.

 

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 Les mémorables de Lidia Jorge
Une enquête très originale sur les acteurs de la révolution des Œillets au Portugal, 30 ans après, par 3 jeunes journalistes :

passionnant et bouleversant sur les thèmes « vérité et légende », hasard et opportunité…
Mémorables HD

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La carte des Mendelssohn de Diane Meur

Un extraordinaire travail généalogique très drôle et passionnant qui bien sûr touche à l’universel. J’ai rarement lu un livre aussi original et empreint d’un tel humour !

La Carte des Mendelssohn par Meur

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Otages intimes de Jeanne Benameur
  Un beau livre sur les motivations profondes du personnage principal.
Otages intimes

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Rien où poser ma tête de Françoise Frenkel

Un récit en français datant de 1945, trouvé dans une benne à ordure et réédité (préfacé par ce cher Modiano), très émouvant, d’une jeune juive polonaise éprise de français. Elle va créer une librairie française à Berlin en 1921 qu’elle devra quitter en 1939 pour se réfugier en France mais où elle devra sans cesse échapper aux menaces de plus en plus précises.
Je n’ai pu lâcher le livre avant la fin.

 *****

Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi

Le récit savoureux (en français aussi) d’un jeune japonais tombé amoureux de la langue française, grâce à Rousseau et Mozart, puis de la France et d’une française.

19. février 2016 · Commentaires fermés sur « Les âmes et les enfants d’abord » d’Isabelle Desesquelles · Catégories: Nous avons lu

Je suis en train de finir un tout petit livre «  Les âmes et les enfants d’abord » de Isabelle Desesquelles « ( par sa forme et son volume -une centaine de pages) mais grand parce ce qu’il renferme d’humanité, de justesse d’écriture, voire de poésie malgré le sujet. Une femme rencontre à Venise une mendiante, couchée sur un trottoir  face à l’indifférence des passants. La femme qui passe devant, de retour à Paris, va lui écrire une longue lettre évoquant ce qui s’est inscrit en elle depuis.  Un petit livre bouleversant donc, d’un écrivaine  sensible qui avait en 2014, écrit un livre que je qualifierais de plus « gai » en tout cas rempli d’humour mais qui laissait deviner une profondeur et une analyses des comportements et autres marques de souffrance des femmes, assez remarquable. La légèreté n’étant que surface . Il s’agissait alors de «  Les hommes meurent, les femmes vieillissent », que j’avais chroniqué à sa  sortie.

Anne-Marie Boisson

Les chroniques d’Anne-Marie sont en ligne sue le site de la revue « Encres vagabondes ». C’est ici.

 

10. septembre 2015 · Commentaires fermés sur « Pietra viva » de Léonor de Recondo… et d’autres · Catégories: Nous avons lu

Voici quelques livres , qui ont fait mon bonheur cette année, cet été
Certains m’ont ravie, transportée ; d’autres m’ont saisie à la gorge, tous m’ont fait réfléchir, parfois en me faisant croire que j’étais, à leur lecture, rendue plus intelligente, mais oui ! mais oui !
Quelques-uns m’ont consolée, prise dans leurs bras, merci ! D’autres enfin m’ont fait rêver, m’ont emmenée sur les chemins d’enfance, où l’émerveillement est naturel…             

Simone Bousquet

1- Pietra viva de Léonor de Recondo (Points poche, 181 p)
J’avais beaucoup aimé « Amours » de Léonor de Recondo. Vous aussi, sûrement. Je vous suggère de lire alors celui-ci.
Le prétexte est le voyage du sculpteur Michelange à Carrare où il va choisir les marbres qui lui permettront de sculpter le tombeau de Jules 2. Il est en deuil, il ignore de quoi est mort l’homme dont il est profondément (et platoniquement) amoureux . Il s’étourdit de travail, mais la rencontre d’un enfant et des gens simples, forts et sensibles qui taillent leur montagne, leur marbre blanc pour lui, le conduit dans les chemins de son enfance et c’est une magnifique évocation de sa mère qui surgit dans son âme tourmentée et l’apaise enfin.
C’est un récit sobre, sensible et puissant, qui frémit, là, dans une écriture superbe…

2- Rue des voleurs de Mathias Enard (Actes sud poche, 256p)
J’ai beaucoup aimé ce livre pour sa pertinence, son actualité, sa légèreté de ton dans la tragédie et sa profondeur …
…C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.
Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.
Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.
C’est je crois l’essentiel de la 4eme de couverture, rien à ajouter, sinon que je vais me précipiter à la librairie pour acheter « Boussole ». On dit que c’est un chef d’œuvre, peut être le prix Goncourt ?

3- Les voix du Pamano de Jaume Cabré (Poche10/18)
C’est un polar ? oui car il y a mort, enquête, suspens et intrigues multiples habilement mélangées
C’est un roman ? oh oui ! qui introduit Confitéor du même auteur
C’est un traitement très original de l’Histoire
C’est à mon sens une belle avancée dans la littérature et … applaudissons la traduction !
Surtout ne pas se laisser arrêter au début par les différentes voix qui s’entremêlent et qu’on ne reconnaît que progressivement !
« Les voix du Pamano est une saga catalane sur la haine et le meurtre, sur un amour presque monstrueux dont la violence perdure des décennies après la mort, sur une gigantesque falsification de l’Histoire, sur le pouvoir de l’argent dans les mains d’une femme fascinante mais aussi formidablement assoiffée de vengeance. Une vengeance née du terrible été 1936, lorsque la jeune Elisenda Vilabrù voit son père et son frère se faire brutalement tuer par les anarchistes de son village. […] Ce roman est un mélange fascinant de temps, de personnages et d’événements. En une phrase, l’histoire peut avancer de 60 ans avant de revenir au point de départ. […] Ce livre a un charme remarquable, il est éminemment poétique. Sans compter qu’il est rarissime d’avoir envie de relire un livre depuis la première page après avoir tourné la dernière.» (Ariane Thomalla, Arte)

4 – Chemins de Michèle Lesbre (Editions Sabine Wespieser, 144 p)
J’avais beaucoup aimé « Ecoute la pluie » , roman bouleversant , j’ai encore aimé « Chemins »
La narratrice nous entraine dans des chemins buissonniers, aux bords de la Loire de son enfance. C’est une errance douce et rêveuse : elle se souvient de sa famille, retrouve des lieux de bonheur des souvenirs de légèreté et de tendresse mais aussi un père toujours absent dont il lui reste l’image d’un jeune homme lisant et relisant les « Scènes de la vie de bohême » de Murger. Au fil de rencontres douces, joyeuses ou insolites, elle chemine dans la beauté des paysages, à la recherche de « l’intime étranger », son père.
C’est un livre superbe à l’écriture limpide, sensible, pleine de finesse, les chemins parcourus sont lumineux, les personnages complexes et attachants.

5 – La petite lumière d’Antonio Moresco (Ed. Verdier, terra d’altri, 124 p)
Les ami-e-s qui ont lu ce livre chez moi cet été l’ont beaucoup aimé et en ont interprété la nature et le sens très différemment de moi, et vous qu’en penserez-vous ? Métaphore oui ! mais de quoi ?
C’est (selon moi) un livre sombre et magnifique, le récit d’un dégagement, de la fuite dans une nature sombre, puissante, déchaînée d’un homme désespéré. Au cœur de la tempête qui s’annonce dans cette vallée sauvage où seul un ermitage sommaire l’abrite, toutes les nuits à la même heure une petite lumière s’allume sur le versant abrupt qui ferme son horizon.
C’est quoi, cette lumière alors qu’aucun chemin ne mène à cet endroit ? ou plutôt c’est qui ?

6 –L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir de Rosa Montero (Ed. Metaillé,175p.)

Le prétexte, c’est l’évocation du journal bouleversant qu’a tenu Marie Curie après la mort de son bienaimé Pierre Curie. Rosa Montero devait en faire une préface : elle en a fait un récit aux multiples sources, aux multiples réflexions : elle mêle les évènements de sa propre vie, la perte de son compagnon bien aimé, la relation avec ses parents, ses amis militants, avec la vie exaltante et dure de Marie Curie , et ceci dans les contextes comparés des époques…
C’est surtout un assemblage fabuleux d’émotions qui raconte la souffrance, la perte de l’homme aimé, la fragilité du cœur humain , le sentiment de culpabilité des femmes, la force de la vie, l’obligation envers ses parents, l’amour, la féminité, la douleur, la solitude devenue apaisante, la violence et la douceur de l’empreinte laissée par l’autre…
J’ai eu l’impression que ce livre était écrit pour moi avec une infinie délicatesse simplement et… joyeusement. Oui c’est possible m’a-t-elle dit, de parler de tout cela avec légèreté. C’est le miracle de la littérature, « arme puissante contre la douleur »

Pessoa dit, je crois : « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas »

 

 

25. mai 2015 · Commentaires fermés sur « Certaines n’avaient jamais vu la mer » de Julie OTSUKA (10/18). · Catégories: Nous avons lu
Un texte à faire connaître, un récit saccadé, vif, fort et douloureux. 
Un récit à la première personne du pluriel comme si l'auteur ne pouvait se démarquer 
du groupe que forment ces femmes japonaises arrivées en Amérique, 
fuyant leur condition de filles et femmes de ferme en devenir pour épouser le prince charmant de l'autre côté des mers,
qui s'avèrera souvent un homme rude, rustre ou pire encore... 
loin du banquier espéré ou du gentleman photographié pour les attirer. 
Récit, roman, documentaire précieux ?
TOUT en un seul jet, comme une bouteille à la mer qu'elles n'ont pas eu le temps de jeter.
Nadine Gonfrier-Piccolo

23. avril 2015 · Commentaires fermés sur « A contretemps » de Jean-Philippe Blondel (édition: Robert Laffont ) · Catégories: Nous avons lu

Ce livre pourrait n’être que la rencontre d’un lecteur passionné et d’un auteur qui l’a happé.
Hugo s’installe à Paris pour ses études chez un homme taciturne, voire désagréable, qu’il découvre, par hasard, comme cet écrivain oublié qu’il vient de lire.
La glace se brise, l’auteur se raconte, se livre, une relation s’installe. Et, à mon tour, je suis happée, je me sens chez moi: l’odeur d’une librairie, la chaleur du café d’en face, la transe qui s’empare du lecteur, cette « porosité » qu’il ressent quand il s’enfouit dans une lecture, la relation à cet auteur invisible, le compagnon, que l’on imagine par delà ses phrases…
Étrange alchimie qui s’opère quand les mots d’un autre révèlent en soi le pourquoi de ce bonheur de lire.

                                          Myriam

14. avril 2015 · Commentaires fermés sur « Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne … » d’Antoine Paje (édition Pocket) · Catégories: Nous avons lu

Curieux titre pour un petit livre à la couverture très joliment illustrée, d’inspiration japonaise. Le ton est donné dès la première page: « Certaines rencontres peuvent changer une vie ». Pour banale que cette expression puisse sembler au premier abord, ce livre donne vraiment à réfléchir. Le héros, un jeune cadre contemporain monte un projet qui demande de sérieux financements. Nous voilà embarqués dans des aventures rocambolesques – des réunions drôlatiques de business avec des Japonais, une nuit de prison en Californie avec un Black terrifiant, un chien féroce qu’on arrive à apprivoiser. A travers ces aventures, notre héros se voit changer, enfin capable de marcher sur deux jambes et non plus de ramper. Et il comprend que le PEUR régit toute notre vie: peur de ne pas réussir, peur d’entreprendre, peur de l’abandon, peur de ne pas être aimé, peur de la mort…

Pour finir, cette citation de Sénèque, mise en exergue: « il y a bien plus de choses qui nous font peur, Lucilius, que de choses qui nous font mal ».

    Sylvette

09. avril 2015 · Commentaires fermés sur « Mapuche » de Caryl Ferey · Catégories: Nous avons lu

Il a bien grandi Caryl depuis ses opus précédents : c’est toujours le même rebelle rocker engagé qui sait manier suspense et descriptions des minorités à un train d’enfer. Mais ce qui frappe dans Mapuche, c’est la virtuosité acquise tant dans la contextualisation historique que dans la langue par moments très poétique et la maîtrise du suspense.
Dans sa soif de dénonciation des exactions commises par les militaires argentins, Caryl s’est extrêmement bien documenté et nous permet de resituer cette période épinglant tout le monde au passage (le rôle des militaires français dans l’importation des méthodes de torture de la guerre d’Algérie, la responsabilité des USA et notamment Reagan dans leur acception tacite des juntes sud américaines préférables selon eux aux communistes, la participation active de l’église et la volonté d’ignorance de la communauté internationale pour ne pas perturber la coupe du monde de football 1978.)
Il brosse aussi le profil psychologique des tortionnaires et de leurs commanditaires et cette barbarie laisse pantois. Mais également le portrait des résistants et des touchantes Abuela pour qui « un pays sans vérité est un pays sans mémoire », luttant afin de permettre aux familles des 30 000 victimes enlevées par la dictature de faire leur deuil.
Il y a également de très belles pages d’écriture, notamment dans la description de la communauté indienne, via les sculptures Mapuche de Jana et du calvaire subi par Ruben, le détective poète vengeur. Également celle des destins brisés par « l’apropiador », l’adoption sauvage d’enfants de prisonnières accouchant sous X par des couples stériles proches du pouvoir et l’impossibilité à vivre de ceux à qui on a volé leur histoire : je ne suis pas prête d’oublier le destin tragique de Maria Victoria et de Miguel / Paula, frère et sœur réunis dans la mort.
Côté roman noir, on retrouve le côté « gore » propre au genre et dont Caryl a prouvé par le passé avoir la parfaite maîtrise. Mais de manière nouvelle, on découvre aussi une grande capacité à distiller le suspense et à mener le lecteur sur de fausses pistes, ce qui rend la lecture totalement « addictive » sur 445 pages.
En dépit de sa noirceur, le roman se termine sur une note d’espoir qui est peut-être le message que l’auteur souhaite adresser à l’Argentine des années 2010, un pays visiblement toujours mal en point malgré le lent retour à la démocratie (avec les anciens bourreaux masqués mais toujours présents) car frappée de plein fouet par la crise économique.
C’est un roman engagé et qui sous couvert d’un polar est bien plus : ne jamais oublier et continuer à se battre contre l’extrême droite. Essentiel par ces temps de retour de la peste brune…

             Sonia

22. mars 2015 · Commentaires fermés sur « Balco Attlantico » de Jérôme Ferrari · Catégories: Nous avons lu

Pourtant, ce dernier ne reçut aucun accueil dans la presse écrite lors de sa sortie en 2008. Honte aux critiques professionnels de n’avoir su déceler le livre d’un grand écrivain, publié de surcroît chez un éditeur de qualité, Actes Sud, dont la renommée est depuis longtemps acquise!
Car la beauté de la langue frappe dès les premières lignes et, quels que soient les points de vue narratifs adoptés ou le degré d’intégration des dialogues dans le récit, il existe bien «un style Ferrari», un style fait de fluidité qui se joue de la longueur des phrases grâce à une ponctuation totalement maîtrisée et sait glisser d’un temps à l’autre, d’un lieu ou d’un personnage à l’autre, de manière subtile, indépendamment de la fragmentation ou non du récit. Une écriture sensorielle qui donne non seulement à voir, mais à entendre, à sentir et à ressentir, à saisir par le coeur, illustration de la puissance métaphorique de la littérature
A cela s’ajoute le regard respectueux et «empathique» porté sur tous les personnages par l’auteur. Le livre s’ouvre sur une scène émouvante qui se déroule dans un bar. Marie-Angèle Susini, la propriétaire de ce lieu fréquenté par tous les protagonistes de l’histoire, vient d’arracher sa fille Virginie au cadavre sanglant de son amour de jeunesse, Stéphane Campana, nationaliste abattu en plein jour sur la place du village.
Et le récit se fragmente en trois fils distincts : deux fils parallèles se déroulant en sens inverse, celui d’un professeur d’ethnologie schizophrène, nostalgique de son passé, qui s’enfonce au plus profond de la mémoire pour tenter de redonner unité à son chaos intérieur au risque d’être absorbé par l’infini qu’il côtoie, et le fil «pédagogique» d’un narrateur extérieur remontant le temps pour expliquer la genèse de ce violent fait divers à travers le rêve de jeune fille de Virginie et les dérives du nationalisme corse. S’intercalant entre ces deux voix, le fil léger d’Hayet, jeune marocaine ayant suivi son frère en Corse, épouse la chronologie de leur aventure comme une succession de courts moments de vie, simples mais intenses, venant croiser les deux autres récits comme de fulgurantes réminiscences.
Le roman s’articule autour de la thématique de l’identité dans son rapport à l’altérité et à la mémoire et est constamment imprégné d’une méditation mystique. Il commence et se termine par la fin de l’histoire, réconciliant la durée et l’instant dans une construction éclatée mais harmonieuse donnant unité à la multiplicité, confirmant ainsi le talent de Jérôme Ferrari pour adapter la forme au contenu.
Balco Atlantico, c’est le nom que l’on donne, à Larache, près de Tanger, à la corniche qui surplombe l’océan, promenade ou Khaled et sa jeune soeur Hayet aimaient à contempler la magnifiscence des couchers de soleil. Un titre à la fois étrange et familier qui résonne comme le symbole de toutes ces villes portuaires du Maghreb, de toutes ces îles aux rives offertes, cernées d’horizons lointains. Odeur de soleil et fraîcheur poisseuse des embruns et, surtout, cette luminosité particulière née de la rencontre du ciel et de la mer. C’est aussi l’appel mystérieux des vagues, le «désir d’Amérique», désir d’ailleurs ou d’autre chose, désir de conquête de nouveaux territoires. Mais une fois franchi l’océan, il n’y a plus d’outre-mer, il n’y a plus d’ «échappatoire», «la mer est derrière vous», la trace demeure mais le sillage s’est effacé : «la mer est redevenue souple et profonde afin que nul ne puisse y faire demi-tour».

Sonia

Est-ce la forêt, humide, épaisse, un peu inquiétante qui montre ou qui cache et surtout qui suscite des chimères ?
Est-ce la scierie, avec ses énormes machines, dont l’odeur parfume les pages du livre ?
Est-ce l’Auteur (ou l’auteur) avec sa bonhomie, sa maladresse et son talent, sa capacité à se mettre dans des situations impossibles qu’il avait pourtant clairement prévues ?
Est-ce tous ces personnages, plus vrais que nature, Monsieur le maire, les sympathiques libraires qui aimeraient bien que l’écrivain soit un peu moins inattendu, ou le si sincère Manu (et tous les autres) ?
Est-ce l’énigmatique Dora ?

Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que j’ai reçu le livre de Serge Joncour comme un cadeau personnel que l’auteur m’aurait (m’a) fait : «Viens on va passer un moment ensemble».

Dès les premières pages j’ai entendu l’auteur m’expliquer qu’il avait fait sa part du travail mais, pour autant, que celui-ci n’était pas encore fini. Il est souvent là hésitant entre deux interprétations, alors, au lieu de trancher, il t’offre de faire le choix à sa place … À toi de faire mon grand. C’est bien sûr un peu déroutant mais quelle invitation au voyage !

Jean-François Canet